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Abidjan: ma vie de diabétique

Ma vie de diabète

Abidjan: ma vie de diabétique

Continuons notre dossier sur le diabète avec aujourd’hui un témoignage poignant d’une ivoirienne.

 

 

J’ai été diagnostiquée diabétique en 1975 a l’âge de 16 ans. Durant un week-end passé à la maison, j’ai été poursuivie par un homme. De retour à l’internat je me suis mise à boire des litres d’eau et à uriner tout autant. Le vendredi soir ma mère constate que j’ai perdu plus de 10kg en 1 semaine et décide de m’emmener aux urgences. Je suis immédiatement hospitalisée. Je sombre dans un coma et on prévient ma mère que je ne survivrai pas. Un étudiant en médecine demande de vérifier ma glycémie et c’est là qu’on réalise que celle-ci est anormalement élevée. On m’injecte de l’insuline immédiatement et je me réveille au bout den 10 jours.(Le diabète , c’est avoir trop de sucre dans le sang. Le sucre, c’est le carburant du corps. Pour utiliser le sucre dans son organisme, il faut de l’insuline, produite par le pancréas. Quand le pancréas fonctionne mal, il ne fabrique plus d’insuline. Le sucre ne pouvant plus être utilisé par le corps, reste dans le sang. C’est le cas dans le diabète de type 1 ou insulino- dépendant) .

Pour connaitre la quantité d’insuline dont on a besoin, il faut vérifier la quantité de sucre dans le sang avec un lecteur de glycémie. Pour cela, on pique le bout du doigt pour récupérer une goutte de sang.Si il y a beaucoup de sucre dans le sang, il faut s’injecter de l’insuline. Si il n’y a pas beaucoup de sucre dans le sang, il faut prendre un morceau de sucre.)

Depuis ce moment, ma vie n’a été que challenges, épreuves, dépressions. Il m’a été très difficile de gérer une maladie que je ne comprenais pas, je n’acceptais pas. Devoir tester son urine plusieurs fois par jour pendant des années (on a commencer a se piquer au bout du doigt longtemps après) ensuite se piquer tous les jours pour s’injecter l’insuline était pénible, mais rien comparé aux restrictions alimentaires et à tout le reste : plus de sorties ou de sleep-over chez des amies, plus de compétitions sportives, faire attention à tout etc…

J’ai été la bête noire de beaucoup de médecins (et c’est le cas de le dire) car ils ne parvenaient pas à me trouver un protocole adéquat. J’ai, pendant des années pris des injections d’un type d’insuline (une flapule dans laquelle il fallait prélever une certaine dose) ensuite 2 types d’insuline, (donc 2 fois plus d’injections), des stylos prêts à l’emploi( une agréable avancée) et enfin la pompe à insuline, UNE VRAIE RÉVOLUTION . Il m’avait été proposé d’en avoir une il y 20 ans mais c’était tellement encombrant que j’ai refusé. Aujourd’hui, elle se présente comme un petit ordinateur que je porte en permanence sur moi, (sauf quand je me douche, que je vais à la piscine ou que je dois faire des examens radiologiques)

Elle ressemble à un petit téléphone portable que je peux facilement attacher à la ceinture ou à mon soutien-gorge. J’ai un cathéter que je place autour de mon nombril et que je change tous les 2,3 jours, (moins de piqures) et qui m’administre des quantités précises d’insuline tout au long de la journée. Le débit peut être modifié en fonction des activités physiques que je veux faire, en cas de maladie, si je vais au restaurant etc…Tout cela s’effectue simplement en appuyant sur un bouton, plutôt que d’avoir à faire une injection. Ma pompe est couplée à un lecteur de glycémie sans fil qui lui transmet automatiquement les valeurs de la glycémie. Ce lecteur stocke toutes les informations dans un journal numérique que mon diabétologue et le personnel soignant consultent régulièrement en Europe où je suis suivie.

Depuis maintenant 2 ans que je suis sous pompe à insuline, ma qualité de vie s’est considérablement améliorée.

A propos du coût ? Juste 100 euros pour la pompe, tout le reste étant pris en charge par mon assurance médicale.

Comments - 3

Koffi Sylvain

Koffi Sylvain

En CI, il y a très peu de prise ne charge des diabétiques voir pas du tout, sans parler du coût du traitement (selon le type) et des médicaments qui sont très élevé. L’Etat doit/peut mieux faire dans ce domaine

juin 4, 2021 10:16 Reply
Amy S

Amy S

Je suis une jeune fille de 17 ans et j’ai été diagnostiquée à l’âge de trois ans. Ça fait donc pas mal de temps. Comme quoi le diabète ça touche tout le monde

avril 26, 2022 2:35 Reply
Abdoulaye Kanaté

Abdoulaye Kanaté

Ah le diabète, un tueur silencieux. Mon frère a été amputé de la jambe gauche. Plusieurs vies bouleversées, et très souvent nous les proches en souffrons beaucoup plus… Je souhaite beaucoup de courage à tous ceux qui vivent cette situation

juin 14, 2022 1:53 Reply

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